2.6 Newton et ses trois lois
La troisième question du chapitre — comment une force modifie-t-elle l'état du mouvement ? — a une réponse, et elle tient en trois lois, énoncées par Isaac Newton en 1687. Cette courte section les présente ensemble : leurs énoncés complets, la question précise que chacune règle, et la méthode pour les apprivoiser. À la fin de cette section, vous devez être capable de situer les trois lois du mouvement (auteur, ouvrage, date) et d'associer chacune à la question qu'elle règle.
La section 2.5 a conduit à la résultante : nulle, le corps est en équilibre ; non nulle, son mouvement change. Reste la troisième question du chapitre (§2.1.2) : comment une force modifie-t-elle le mouvement ? La mécanique y répond par trois lois, que cette section présente ensemble avant que les suivantes les décomposent une à une.
2.6.1 Trois lois, un ouvrage
Les trois lois du mouvement ont été énoncées en 1687 par le physicien anglais Isaac Newton, dans les Philosophiæ Naturalis Principia Mathematica — l'ouvrage où il les a introduites1. Plus de trois siècles plus tard, elles suffisent encore à décrire l'essentiel du mouvement humain : les instruments de mesure du geste et les logiciels d'analyse du mouvement reposent sur elles.
Les voici, dans leur formulation actuelle (pour leur version d'origine, traduite en français, voir l'encadré « Pour aller plus loin » de cette section) :
- Première loi — « Un corps conserve son état de repos ou de mouvement rectiligne uniforme tant que la résultante des forces qui s'exercent sur lui est nulle. »2
- Deuxième loi — « La résultante des forces exercées sur un corps est égale au produit de sa masse par son accélération. L'accélération produite a la même direction et le même sens que cette résultante. »3
- Troisième loi — « Lorsqu'un corps A exerce une force sur un corps B, le corps B exerce simultanément sur A une force de même intensité, de même direction et de sens opposé. »4
Ces phrases ne sont pas celles de Newton. Les Principia sont écrits en latin, et les énoncés d'origine ne parlent ni de « résultante », ni de « masse », ni d'« accélération » — la formulation a été réécrite au fil des siècles, à mesure que ces notions se précisaient. Ce sont les formulations modernes qu'il faut comprendre.
2.6.2 La méthode : décomposer, pas réciter
Ces trois énoncés prolongent ce que la section 2.5 a établi. La première loi part du cas de la personne assise : la résultante est nulle, et le corps est en équilibre. La deuxième précise ce que montrait l'animation du cube : quand la résultante n'est pas nulle, la vitesse change. La troisième porte sur les forces que le diagramme de forces laisse de côté : celles que le corps étudié exerce sur d'autres corps (§2.5.1). Chacune sera décomposée pas à pas dans sa propre section, comme la définition d'une force l'a été au §2.2.
L'objectif n'est pas de réciter ces énoncés comme une poésie ; il est de comprendre le raisonnement que chacun porte, et de voir comment il agit sur le mouvement réel. Chaque loi règle une question précise :
- la première loi dit quand l'état du mouvement change — et ce qui se passe tant que rien ne le change (§2.7) ;
- la deuxième loi dit de combien il change (§2.8) ;
- la troisième loi dit ce qui se passe du côté du corps qui exerce la force (§2.9).
- Situer les trois lois du mouvement : leur auteur, l'ouvrage et l'année.
- Associer chaque loi à la question qu'elle règle : quand l'état du mouvement change, de combien, et ce qui se passe du côté du corps qui exerce la force.
- Expliquer pourquoi les énoncés du cours ne sont pas les phrases d'origine de Newton.