5.8 Corriger sans bouger les pieds : cheville, hanche, et les afférences sensorielles
Pour corriger les petites dérives de l'équilibre debout sans changer d'appuis, le contrôle postural dispose de deux stratégies principales : la stratégie de cheville et la stratégie de hanche. Pour corriger une dérive, il faut d'abord la percevoir : cette section présente aussi les informations sensorielles qui déclenchent ces corrections. À la fin de cette section, vous devez être capable de décrire la stratégie de cheville et la stratégie de hanche, de dire ce qu'elles ont en commun, et de nommer les afférences sensorielles qui renseignent le corps sur sa position.
5.8.1 La stratégie de cheville et la stratégie de hanche
Deux stratégies principales assurent les corrections permanentes décrites au §5.7 (figure 5.15)1.
- La stratégie de cheville. Les muscles de la cheville se contractent et font pivoter tout le corps, d'un bloc, autour des chevilles, avec un mouvement minime des hanches et des genoux. Le centre de masse revient au-dessus des pieds.
- La stratégie de hanche. Le buste se fléchit ou s'étend à la hanche, et c'est ce mouvement qui déplace le centre de masse.
Dans les deux cas, les appuis ne bougent pas : c'est le centre de masse qui est déplacé. Il n'existe pas de hiérarchie entre les deux : selon la situation, le corps utilise l'une, l'autre, ou les deux ensemble, combinées dans des proportions et des enchaînements variables2.
La stratégie de cheville se lit directement sur le tracé du centre de pression. Lorsque les muscles du mollet, qui fléchissent la cheville vers le bas, se contractent davantage, le centre de pression se déplace vers l'avant du pied3 ; c'est ainsi que le pied corrige une dérive du corps vers l'avant. Les oscillations du centre de pression décrites au §5.7.3 sont, pour une large part, la trace de ces corrections.

5.8.2 Sentir la dérive : les afférences sensorielles
Le contrôle postural part de ce que le corps perçoit : pour corriger une dérive, il faut d'abord la sentir. Le corps la détecte par plusieurs voies à la fois.
- La vue (flux optique). Quand le corps s'incline, l'image de ce que l'on regarde se déplace sur la rétine, et c'est ce déplacement qui renseigne sur le mouvement du corps.
- L'oreille interne, qui détecte l'inclinaison et les accélérations de la tête.
- La proprioception : la position des articulations et la tension des muscles.
- La sensibilité cutanée plantaire, qui renseigne sur la façon dont le poids se répartit sur les appuis.
Ces informations, qui remontent des récepteurs sensoriels vers le système nerveux, s'appellent les afférences sensorielles. Elles sont intégrées en permanence5, et la correction suit : cheville, hanche. C'est pour cela que le centre de pression ne s'arrête jamais.
Selon la situation, ce n'est pas toujours la même voie qui compte le plus5 : dans le noir, la vue ne sert plus ; sur un sol mou ou instable, la sensibilité plantaire renseigne moins bien.
- Stratégie de cheville
- Correction de l'équilibre par une rotation de tout le corps, d'un bloc, autour des chevilles, sous l'action des muscles de la cheville ; les appuis ne bougent pas.
- Stratégie de hanche
- Correction de l'équilibre par une flexion ou une extension du buste à la hanche, qui déplace le centre de masse ; les appuis ne bougent pas.
- Afférences sensorielles
- Les informations qui remontent des récepteurs sensoriels vers le système nerveux : vue, oreille interne, proprioception, sensibilité cutanée plantaire. Elles permettent de détecter les dérives que le contrôle postural corrige.
- Proprioception
- La perception de la position des articulations et de la tension des muscles.
- Décrire la stratégie de cheville et la stratégie de hanche, et dire ce qu'elles ont en commun.
- Expliquer comment la stratégie de cheville se lit sur le tracé du centre de pression.
- Nommer les quatre afférences sensorielles qui renseignent le corps sur sa position, et dire ce que chacune détecte.